Déchets abandonnés et éducation

Les déchets abandonnés n’apparaissent pas tout seuls. Ils sont le résultat du comportement humain, mais aussi de l’environnement dans lequel ce comportement a lieu. Pour vraiment comprendre le problème, il faut donc regarder au-delà des déchets laissés dans les rues, les parcs ou la nature.

Le problème va au-delà d’une simple poubelle trop pleine

Les déchets abandonnés ont bien sûr un lien avec les déchets qui ne finissent pas dans une poubelle. Mais cela ne résume pas tout. La manière dont les déchets sont collectés, la visibilité et l’accessibilité des poubelles, la vitesse à laquelle elles se remplissent et les habitudes sociales présentes dans un environnement donné jouent toutes un rôle.
Les rapports internationaux montrent également que le problème ne peut pas être ramené à une seule cause. La Banque mondiale indique que les pays à revenu élevé produisent en moyenne plus de déchets par habitant que les pays à faible revenu. Dans le même temps, les rapports internationaux de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) soulignent que les déchets présents dans l’environnement sont surtout liés à la manière dont ils sont collectés, traités et gérés.

Produire plus de déchets ne signifie pas automatiquement plus de déchets abandonnés

Il est tentant de penser que les pays qui produisent plus de déchets provoquent automatiquement plus de déchets abandonnés. Ce n’est pas si simple. Les pays plus riches produisent souvent davantage de déchets par habitant, mais cela ne dit pas tout sur ce qui finit réellement dans la rue, dans les espaces verts ou dans l’eau. La qualité de la collecte, la présence d’infrastructures, les politiques et le contrôle jouent également un rôle important.
L’OCDE considère même que les déchets plastiques mal gérés constituent la principale source de rejets de macroplastiques dans l’environnement. En 2019, 22 millions de tonnes de plastique ont été rejetées dans l’environnement à l’échelle mondiale, principalement sous forme de gros objets en plastique et de déchets d’emballage.

Il est aussi question de comportement

Les déchets abandonnés ne sont donc pas seulement un problème technique ou logistique, mais aussi un problème de comportement. Les gens jettent quelque chose, le gardent en main, cherchent une poubelle ou décident de ne pas le faire. C’est pourquoi les habitudes, la facilité, la visibilité et les normes sociales comptent.
Les recherches montrent que l’environnement influence ce comportement. Une étude menée en Suède, par exemple, a examiné l’effet de l’apparence et des signaux donnés par les corbeilles de rue et a conclu que les normes sociales et la manière dont une corbeille se présente peuvent influencer la quantité de déchets qui y est déposée. La grande étude américaine Keep America Beautiful 2020 National Litter Study montre également que les déchets abandonnés ne concernent pas seulement les déchets eux-mêmes, mais aussi le comportement, la perception et l’espace public dans lequel ce comportement se manifeste.

Les amendes et le nettoyage sont importants, mais insuffisants

Le contrôle, le nettoyage et des règles claires restent importants. Mais agir plus sévèrement ne résout généralement pas le problème à lui seul. Toute personne qui veut réduire durablement les déchets abandonnés doit aussi se demander pourquoi les gens laissent des déchets dans la rue ou dans la nature, et comment ce comportement peut évoluer à long terme.
C’est précisément pour cette raison que la visibilité, la facilité d’usage et les normes sociales sont importantes. Lorsque les solutions de collecte sont clairement présentes, se remarquent et peuvent être utilisées de façon logique, le bon comportement devient plus facile. Les recherches sur le fait de laisser des déchets derrière soi montrent d’ailleurs que ce comportement n’est pas seulement lié aux sanctions, mais aussi au contexte, aux signaux de l’environnement et à ce que les gens considèrent comme normal.

Pourquoi l’éducation et l’apprentissage sont si importants

Si les déchets abandonnés sont en partie un problème de comportement, alors l’éducation fait logiquement partie de la solution. Apprendre aux enfants dès leur plus jeune âge que les déchets n’ont pas leur place dans la rue, dans les parcs ou dans la nature permet de poser les bases d’un autre comportement plus tard.
Cela ne signifie pas que l’éducation soit l’unique solution. La gestion des déchets, la propreté de l’espace public, des équipements suffisants et le contrôle restent nécessaires. Mais l’éducation et l’apprentissage apportent aussi quelque chose qui est peut-être encore plus important à long terme : une génération pour laquelle jeter correctement ses déchets devient plus naturel.

Playbin

C’est à partir de cette réflexion que la Playbin a été développée. Non seulement comme station de collecte des déchets, mais aussi comme une manière de rendre la collecte des déchets plus visible et plus attrayante, surtout pour les enfants.
L’élément ludique et visible de la Playbin est conçu comme un déclencheur positif. L’idée est simple : si les enfants découvrent la collecte des déchets dans l’espace public d’une manière accessible, cela ne reste plus une règle abstraite, mais devient quelque chose qu’ils voient, comprennent et retiennent. La Playbin s’inscrit ainsi dans une approche plus large qui ne se limite pas à collecter les déchets, mais qui agit aussi sur le comportement, l’éducation et la sensibilisation.

Sources sélectionnées et informations complémentaires

World Bank – What a Waste 2.0: A Global Snapshot of Solid Waste Management to 2050

Organisation de coopération et de développement économiques – Perspectives mondiales des plastiques : scénarios d’action à l’horizon 2060

Stockholm Resilience Centre – Managing waste behavior by manipulating the normative appeal of trash bins

Keep America Beautiful – 2020 National Litter Study: Summary Report

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